Ma cinquième traversée de la France va m'amener de Roscoff à Hendaye.
Je vais traverser ma Bretagne, découvrir l'Estuaire de la Loire, les marais vendéens et l'Aquitaine en longeant la côte atlantique.
J'espère pouvoir sentir les embruns, la chaleur du soleil, et pouvoir me baigner dans l'océan tous les soirs pour récupérer de mes kms.
Pour cela, je vais suivre l'Eurovéloroute 1 sur sa partie française et encore pas totalement car je ne vais pas suivre la voie verte du Canal de Nantes à Brest.
Longue de 8186 kms, l'EV1 relie le Cap Nord en Norvège à Sagres au Portugal. L'itinéraire traverse l'Europe se l'Ouest du nord au sud en longeant le littoral de l'Océan Atlantique en passant par la Norvège, l'Ecosse, le Pays de Galles, l'Irlande du Nord, l'Eire, l'Angleterre, la Françe, l'Espagne et le Portugal.
L'intérêt de suivre une Eurovéloroute est double: un balisage et des routes sécurisées.
Roscoff-Sizun : 49,24 km
Sizun-Plouray : 67,14 km 116,38
Plouray-Colpo : 67,61 km 183,99
Colpo-Missillac: 66,64 km 250.63
Missillac-Paimboeuf: 74,41 km 325,04
Paimboeuf-Bourgneuf En Retz: 67,82 km 392,86
Bourgneuf En Retz-St Gilles Croix de Vie: 70,75 km 463,61
St Gilles Croix de Vie-Jard sur Mer:74,35 km 537,96
Jard sur Mer-Marans: 73,58 km 611,54
Marans-Rochefort : 65,94 km 677,48
Rochefort-Les Mathes: 76,81 km 754,29
Les Mathes- Royan: 21,67 km + Verdon sur Mer-Montalivet 35,16 km 811,12
Montalivet-le Porge: 71,73 km 882,85
Le Porge-Teste de Buch:71,25 km 954,10
Teste de Buch-Ste Eulalie en Born:61,56 km 1015,66
Ste Eulalie en Born-Vielle saint Girons:51,99 km 1067,65
Vielle saint Girons-Labenne:59,82 km 1127,47
Labenne-Hendaye : 59,62 km 1187,09
1ère étape : Roscoff-Sizun
2ème étape : Sizun-Plouray
3ème étape : Plouray-Colpo
4ème étape : Colpo-Missillac
5ème étape : Missillac-Paimboeuf
6ème étape : Paimboeuf-Bourgneuf en Retz
7ème étape : Bourgneuf en Retz- Saint Gilles Croix de Vie
8ème étape : Saint Gilles Croix de Vie-Jard sur Mer
9ème étape : Jard sur Mer-Marans
10 ème étape :Marans-Rochefort
11ème étape : Rochefort-Les Mathes
12ème étape : Les Mathes -Royan
12ème étape bis : Le Verdon sur Mer-Montalivet
13ème étape : Montalivet-Le Porge
14ème étape : Le Porge-La Teste de Buch
15ème étape : La Teste de Buch-Sainte Eulalie en Born
16ème étape : Sainte Eulalie en Born-Vielle Saint Girons
17ème étape : Vielle Saint Girons -Labenne
18ème étape: Labenne-Hendaye
Christiane, un membre d'Asperansa m'a amené au port de Roscoff ou nous attendaient Murielle, la présidente d'Asperansa, une amie à elle, J-B Jaouen et Estelle, une élève de terminale qui a eu son bac.
Estelle m'a suivi en vélo.
Nous sommes partis sous la brume à Roscoff. Au loin nous pouvions apercevoir le Pont Aven, le ferry qui fait la Transmanche.
Je suis parti à une allure tranquille, content d'être là, et savourant ma chance de pouvoir courir, de traverser la France.
Mes pensées sont allés à deux élèves que je ne verrai plus en septembre prochain et qui m'ont apporté énormément de choses: c'est Mathieu, mon 1èr élève différent qui a eu son bac et qui va continuer à s'épanouir en études supérieures et Paul qui a déménagé.
Merci à eux.
Le soleil a pointé le bout de son nez à 10h00 et la chaleur avec.
Nous sommes arrivés à Sizun à 14h20.
Cette 1ère étape est la plus importante de mon périple. C'est la plus courte mais je suis arrivé chez moi. Je passe l'après midi avec ma famille, ma famille qui sans leur accord je ne ferai pas cela.
Demain, départ à 7h00 du bourg de Sizun pour un run de 67 kms.
Merci à J-B pour les photos.
Vendredi, j'ai reçu par la poste le drapeau UFO et le tee-shirt de Sobhi Sport : Gwen court pour les enfants autistes.
Levé aux aurores pour partager le petit déjeuner avec Christiane, Jean et Claudie d'Asperansa et certains membres de Ludautisme devant l'enclos paroissial de Sizun.
Puis direction Carhaix par la D764, route sinueuse, sans intérêt, avec de belles bosses et très circulante pendant 42 km environ.
Christine et les enfants m'ont rejoint sur les bords du canal de Nantes à Brest ou nous avons déjeuné et savouré ces derniers instants avant le vrai départ. je suis resté 1h30mn en leur compagnie.
C'est avec une grande émotion que je quitte Sizun et ma famille à chacun de mes périples même si je sais que vais retrouver mon environnement familier dans 3 semaines environ.
Pour rejoindre Plévin, j'ai eu une belle bosse à gravir; Wheelie se faisait de plus en plus lourde sous la chaleur.
C'est à ce moment que les piles de mon GPS se sont vidées. Je savais qu'après Plevin, je devais tourner pour rejoindre le Morbihan. Mais faute de Garmin Dakota, j'ai suivi les pancartes qui m'indiquaient Plouray. Mon moral a pris un coup, car je savais qu'après Plévin il ne me restait plus que 10-12 kms, j'en ai fait 8 de plus.
C'est fatigué que j'arrive à destination ou ma mère m'attend. Ce soir je dors chez mes parents.
Étape hyper jolie car j'ai traversé les vallées du Blavet et du Scorff. J'ai traversé de nombreux petits bourgs très jolis : Guern, Saint Nicolas des Eaux, Pluméliau, Remungol.
J'ai bien roulé jusqu'à Saint Nicolas sur cette route ombragée mais heureusement pour moi, c'était un dimanche car je pense qu'elle doit être très fréquentée en semaine.
Je me suis ravitaillé en eau à Locminé dans une pizzeria ou j'ai pu regarder une étape du tour de France, la montée du Mont Ventoux.
A Colpo, m'attendaient Isabelle et Dominique Demailly chez qui j'ai passé la nuit : un accueil chaleureux à chaque fois ou je suis reçu comme un roi.
Un grand merci à eux.
En partant de Colpo, j'ai suivi des voies cantonales ombragées, sans circulation à part quelques tracteurs. Étape tranquille, même si j'ai ressenti de la fatigue. J'ai eu beaucoup de mal à terminer l'étape. J'ai marché sur les derniers kilomètres.
Cela est normal car j'ai tout de même trois jours de course.
Christiane, Jean et Franck m'ont rejoint sur l'étape et nous avons passé le début de la soirée ensemble à Missillac au camping municipal ou était collée l'affiche annonçant la route atlantique pour l'autisme.
Au départ de Missillac, j'ai eu la surprise de voir Ollivier, un membre d'asperansa qui vient à ma rencontre chaque année. Il était 6h du matin.
La première partie du parcours était très agréable. Cette étape était symbolique car j'allais traversé la Loire au niveau de Couëron par le bac pour arriver à Le Pellerin.
A Couëron, m'attendaient des membres d'Asperansa. Je suis resté environ une heure avec eux à discuter et à me restaurer. Cependant, je ne pouvais rester trop longtemps, il me restait encore 26 km environ avant Paimboeuf.
De l'autre côté de la Loire, j'ai d'abord emprunté des petites routes et des chemins de terre qui ne me freinait pas dans ma progression avec wheelie.
J'étais sur la Vélodyssée.
Mais très vite, ces petites routes furent remplacées par des routes qui suivaient un canl qui longeait la Loire. Ce furent de longues lignes droites sans ombre. J'ai très vite ressenti de la lassitude.
A 8 km de l'arrivée, un cycliste qui venait des environs de Rennes m'a abordé et nous sommes restés ensemble jusqu'à paimboeuf ou nous avons bu deux bières dans un bar sur le port.
J'ai été logé chez Christine et sa famille, que j'ai rencontré sur le site d'Ultrafondus : http://ultraforum.ultrafondus.net.
J'ai eu très vite l’impression de les connaitre depuis de nombreuses années tant ils m'ont mis à l'aise rapidement .
Christine m'a offert un buff UFO .
Un grand merci et un grand bisou à Christi ( pseudo sur Ultrafondus) et à toute sa famille pour m'avoir permis de laver mon linge, de prendre une douche alors qu'elle ne me connaissait pas.
Christine a fait une dizaine de kilomètres en ma compagnie.
Des petites routes tranquilles. C'était la première fois ou je pouvais courir au milieu de la chaussée.
J'ai fait de nombreuses rencontres dont un couple de cyclistes en tandem qui venait de la région de Redon et qui suivait également l'Eurovéloroute1 jusqu'à Hendaye. Ils m'ont doublé à 3 reprises.
J'ai retrouvé également le cycliste de hier avec qui j'avais partagé les derniers kilomètres.
Comme je n'ai pas d'heure d'arrivée, il fait beau, je me permet de flâner, de rester discuter avec les personnes que je croise. Le fait que je tire une carriole interpelle les gens; Je leur explique mon projet.
J'ai tout mon temps.
A Moutiers en Retz, je me suis arrêté dans une supérette m'acheter des fruits et un coca, la gérante me dit qu'il ne me reste que 3 km avant d'arriver au camping. Comme il était tôt, j'étais bien, je suis resté discuter avec un potier qui exposait sur la place de l'église . Mais les 3 derniers kilomètres m'ont paru interminables.
Au camping, m'attendaient Sophie, une collègue de travail avec Tudy. Elle m'a offert des fruits et du chocolat. Nous sommes restés discutés et elle m'a laissé me préparer.
Je dine vers les 18h. C'est presque toujours le même menu : des pâtes, du fromage et un fruit. Mais le plus important, avec la chaleur, c'est l'hydratation.
Les 20 premiers kilomètres furent agréables. C'étaient de petites routes à travers les marais ou des chemins stabilisés.
Arrivé à Gois, j'avais trois possibilités :
- Soit emprunter le passage du Gois et faire le tour de Noirmoutier. Cependant, le Gois était fermé en raison de la marée haute.
- Soit passer par Beauvoir sur Mer. Mais cela me rallongeait considérablement la route.
- Soit couper par les marais. C'est cette troisième option que j'ai choisie. J'avais bien visualisé cette partie du circuit et je savais que j'avais une possibilité de rejoindre la Vélodyssée en coupant par les marais.
J'ai tout de même demander ma route à deux personnes pour être sûr de ne pas me tromper. J'ai rejoins le GR, puis la D38 jusqu'à Saint Jean de Monts pour retrouver la Vélodyssée.
A Saint Jean, je pensais être arrivé à Saint Hilaire mais il me restait tout de même 14 km.
Ce fut très dur psychologiquement, car je pensais être arrivé et je n'y étais plus.
A Saint Hilaire, j'ai pu profiter des joies de la baignade. Du moins j'ai marché dans l'océan avant d'aller boire une bonne bière rafraichissante et manger une pizza.
Très belle étape avec de nombreux sentiers forestiers, au bord de mer mais aussi dans les dunes.J'ai rencontré de nombreux cyclistes qui montaient vers le nord.
Un petit bémol cependant à Talmont Saint Hilaire ou il existe un problème de signalétique. Il a fallu que je demande ma route à plusieurs reprises.
Après avoir retrouvé la vélodyssée, j'ai tenté de passer par les marais.En effet en septembre 2013, un nouveau tronçon va être ouvert. Un couple de randonneurs m'avait dit que le pont avait été construit. Ce qui était effectivement le cas, mais pas le plancher.
J'ai dû alors rebrousser chemin et suivre ma route initiale.
J'ai eu beaucoup de mal à trouver mon camping qui était plus proche de Saint Vincent sur Jard que de Jard sur Mer.
Camping très sympathique. On m'a offert la nuitée, l’électricité et une bière à l'arrivée.
Cependant, j'ai dormi près de la réception, lieu ou se déroule l'animation dans les campings. C'était soirée disco. Malgré mon état de fatigue, j'ai très peu dormi cette nuit là.
En raison de la petite nuit de la veille, j'ai eu deux coups de mou pendant cette étape :
- le 1er à la Tranche sur Mer . Je me suis arrêté acheter des pains au chocolat et du coca.
- le 2nd, 2 à 3 heures plus tard. Je me suis allongé près de l'Eurovéloroute dans un fossé et j'ai dormi quelques instants. Quand je me suis réveillé, de nombreuses fourmis parcouraient mon corps. Je m'étais assoupi près d'une fourmilière.
La journée fut inintéressante en raison de nombreuses lignes droites et des marais car il a fallu que je contourne Aiguillon sur Mer.
Les derniers kilomètres avant Marans sont pénibles car l'Eurovéloroute n'est pas tracé. J'ai traversé un champ qui longe le canal maritime de Marans à la mer.
J'ai passé une nuit calme au camping municipal.
Les premières foulées furent douloureuses. Je ressens une gêne au niveau de la cheville droite. Je pense que c'est une petite contraction en raison du nombre de kilomètres déjà couru.
Cependant, plus j'avance, plus j'ai mal. Je suis obligé de m'arrêter souvent pour masser ma cheville douloureuse, pour défaire mes lacets.
Le moral n'est pas bon.
Je n'avance plus comme il le faudrait.
Vers Dompierre sur Mer, je croise un couple de cycliste. Nous restons discuter, j'explique mon projet. Ils me font remarquer que ma foulée est un peu forcée. Je leur explique que je ressens une douleur à la cheville droite.
Ils me font enlever ma chaussette et ce que je craignais, était arrivé. Ma cheville était enflée. Je venais de me faire une entorse.
Alors qu'il demande à sa femme d'aller aux urgence à la Rochelle acheter du strap, il rentre chez lui pour téléphoner à son fils qui est kiné et qui pourrait me strapper.
20 mn plus tard, je retrouve le couple avec leur fils.
Il me fait un strapping au bord du canal qui mène à la Rochelle.
Son père m’accompagne en vélo jusqu'à Angoulins.
La douleur est toujours présente mais elle est atténuée, par contre il faut que je m'habitue à ce strapping qui monte jusqu'à mi mollet.
Il fait super chaud. Mon enthousiasme du début a disparu. La douleur à réapparu, elle irradie maintenant mon mollet. Je cours par intermittence. Le paysage par contre est très joli. J'emprunte essentiellement des sentiers côtiers.
A la réserve naturelle d'Yves, changement de décor. La vélodyssée suit l'autoroute. Je cours sur des petites routes de campagne, sans ombre et sans la petite brise qui pourrait rafraichir.
Je suis extrêmement fatigué, ma cheville est douloureuse. Je m'inquiète réellement quand mon urine est rouge. Je suis en état de déshydratation.
Il me reste encore 15 km avant d'arriver sur Rochefort.
Je m’arrête de plus en plus souvent pour boire mais aussi pour profiter de l'ombre des arbres pour me rafraichir.
j'arrive enfin à destination, par contre je n'ai pas la force de traverser la ville pour aller au camping municipal. Je décide de passer la nuit dans le premier venu.
Après avoir réglé la nuit, le gérant me donne un emplacement, en plein soleil.
Il a fallu attendre le troisième pour qu'il me convienne : à l'ombre et avec de l'herbe.
J'ai pu m'installer une heure environ après être arrivé.
J'ai planté ma tente près d'un couple de Bretons, du 22, qui m'a permis de recharger mon portable, les piles de mon GPS.
J'étais si fatigué, que j'ai pris une douche rapide et après avoir mangé mes traditionnelles pâtes, je me suis couché avec l'espoir de repartir le lendemain. pour la plus longue étape de mon périple.
Levé à 5h, je vais aux sanitaires. Je n'arrive pas à poser mon pied au sol. Je décide alors de me recoucher.
Je me relève un quart d'heure plus tard. Il faut que je tente sinon je vais regretter. Je prend mon petit déjeuner, range mes affaires et reprend la route.
Cependant, je ne peux pas courir. Je peux à peine marcher.
J'atteins le transbordeur. Je reste une heure seul à regarder le jour se lever, déçu que l'aventure se termine maintenant si près du but.
C'est vraiment l'âme en peine que je décide de prendre le premier train en direction de Quimperlé ou se trouve mes garçons.
Je suis obligé d'arrêter l'aventure à Rochefort mais je sais déjà que je la terminerai un jour.
Cela ne peut pas se passer autrement.
Je vais reprendre l'aventure pendant les vacances de Pâques. En effet, je ne peux pas repartir sur un autre projet sans avoir terminé ce périple.
Par contre, j'ai fait un nouveau tracé. En effet, je n'ai que 15 jours de vacances et je ne peux pas me permettre de partir pendant 8 jours.J'ai équilibré les étapes et ai fait des infidélités à l'Eurovéloroute.
Le 27 avril : Rochefort-Royan :69,86 km.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3411729
Le 28 avril : le Verdon sur Mer-Lacanau :73,135 km.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3411830
Le 29 avril : Lacanau-Arcachon :44,851 km.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3411873
Arcachon-Biscarosse : 24,813.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3411874
Le 30 avril : Biscarosse-Saint Julien en Born :70,850 km.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3411986
Le 01 mai : Saint Julien en Born-Tarnos : 70,500 km.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3412006
Le 02 mai : Tarnos-Hendaye : 54,750 km.
http://www.openrunner.com/index.php?id=3412029
Photo du départ du port de Roscoff